Jusqu’à la dernière caresse – Quand la maladie n’offre plus d’issue


Par Camille Berthier, vétérinaire


Il était là, ce chien. Épuisé, tassé dans un coin de la salle, les côtes frémissantes, les yeux secs de douleur – car les larmes, chez lui, s’étaient taries depuis longtemps.
Son corps, naguère vif et joyeux, n’était plus qu’une prison qui craquait de toutes parts. Le mal le rongeait lentement, comme un feu souterrain qui consume sans flamme. Le diagnostic était tombé, froid, implacable : une maladie incurable, lente agonie promise, chaque jour un peu plus de souffrance.

Et toi, tu le regardais. Les mains tremblaient. Le cœur refusait de croire.
Tu te rappelais les jeux dans le jardin, les courses folles sous la pluie, la chaleur de son souffle quand il s’endormait contre toi. Tu te disais : non, pas lui, pas comme ça.

Mais ce soir-là, ce n’est pas de toi qu’il s’agissait. C’était de lui.
De cette créature innocente, que la vie n’épargnait plus. De ses soupirs devenus râles. De ses regards devenus supplices.
Et la médecine, malgré tout son savoir, avait baissé les bras. Il ne restait plus que deux voies : celle de l’attente, cruelle, ou celle du repos, ultime tendresse.

Alors tu as demandé. À voix basse.
Comme une prière honteuse.
Comme si aimer pouvait se confondre avec trahir.

Et moi, vétérinaire, j’ai vu cette scène mille fois. Mais jamais je ne m’y habitue.

Ce geste – celui d’endormir un chien malade, incurable, inconsolable – ce n’est pas un abandon. Ce n’est pas une lâcheté. C’est un acte d’amour terrible. Une dernière caresse offerte au nom du soulagement.
Un baiser sur le front avant le silence.

Car parfois, quand la vie devient un supplice, le plus grand amour est de savoir dire adieu.

Et ce jour-là, tu as pleuré comme un enfant. Mais ton chien, lui, s’est endormi sans peur. Dans la chaleur de ta voix. Dans la douceur de ta main. Enfin libéré.


Non, tu ne l’as pas tué.
Tu l’as sauvé.

Dr Camille Berthier
Dr Camille Berthier

Camille Berthier est une ancienne vétérinaire passionnée, profondément marquée par les adieux partagés avec les chiens qu’elle a accompagnés jusqu’au bout. Après un burn-out et une rencontre inattendue avec un chien dans un parc, elle a choisi de transformer sa douleur en refuge pour les autres. Elle a fondé Belle Truffe, un blog dédié à celles et ceux qui vivent le deuil de leur compagnon à quatre pattes, pour leur offrir écoute, douceur et compréhension.

4 commentaires

  1. Bonjour a toutes et à tous, je me présente Jérôme 31 ans de Montélimar dans la Drôme, j’ai actuellement deux compagnons de vie que j’ai sauvé l’un comme l’autre, mais je vais parler plus précisément de mon premier, mon bébé de l’amour de la vie de papounet, mon doudou Gun, un malinois mâle âgé maintenant de 13 ans, et je sans venir que c’est ça dernière année, et encore si il la fini, car il a déjà des problème de rhein ou de vessie, et depuis peu il commence à avoir ça patte arrière droite qui ce bloc et il commence à avoir du mal à se relever, mais pour le moment il joue encore très bien comme un bébé et court encore assez bien, mais je sais que d’ici peu je vais devoir passer par l’endormir avant qu’il ne souffre trop, ont vas me ramasser à la petite cuillère certe car j’aurais vécu en tout cas jusqu’à aujourd’hui 12 ans de choses intense et inimaginable, de galère les plus fortes mais sans jamais l’abandonner.
    A toi mon doudou d’amour que j’aime plus que tout, j’appréhende le jour de ton départ ❤️❤️❤️

  2. Bonjour à tous, moi c’est christelle j’ai 53 ans . Cela fait 596 jours qu’il n’est plus là à mes côtés. Et voici notre histoire:Il y a à peut près 10 ans nous avons adopté un bébé bouvier .mon premier chien à moi.Je ne connaissais pas du tout la race , et c’était le rêve de mon conjoint . La première fois qu’on l’a vu ,il c’est couché à mes pieds. C’était lui ,il m’avait choisi,il nous attendait. Son nom c’était Lévis. On a passé de merveilleuses années. Le compagnon idéal. Gentil,pot de glue… entre temps ourka (une autre bouvier qu’on a récupéré adulte ) est venue rejoindre notre famille .ces deux là étaient inséparables. Et puis il y 2 ans je remarque que Lévis perd du poids, je l’emmène donc chez le vétérinaire. Mais non tout va bien madame. J’y retourne en septembre car Lévis continue a perdre du poids .Là le vétérinaire lui fait une prise de sang,une échographie, une radio.ne trouvant rien ,il nous envoie dans une clinique soit disant spécialisée. On est ressorti de la clinique avec un « surveillez son poids  » . Évidemment ca c’est empiré .De septembre à décembre il a eu une prise de sang toutes les semaines.il a été perfusé aussi a la maison .mais le vétérinaire n’a jamais su mettre un nom sur sa maladie.
    Pendant 8 ans Lévis venait à nous le matin pour nous dire bonjour,là il ne pouvait plus se lever,donc j’allais sous la table pour lui faire son gros calin,je lui devait bien ça à mon pépère. Je le voyais diminuer de jour en jour .je dormais avec lui sur des coussins pare terre. Un matin il m’a regardé et là j’ai compris qu’il n’en pouvait plus (les larmes coulent à flot en écrivant ce commentaire). Alors j’ai pris cette fameuse décision qu’on redoute tous .j’ai appelé le vétérinaire. Mon lévis c’est endormi à la maison à sa place préférée, bercé par des tonnes de bisous,de câlins,de je t’aime. Je me suis sentie seule car mon conjoint n’a pas voulu être là. Cette douleur me déchire encore le cœur aujourd’hui. Et pour ourka ca a été très dur aussi .j’ai des vidéos où elle le pleure .pendant des mois elle le cherchait au moindre bruit,elle n’avait plus envie de jouer alors l’année dernière vaïko est venu nous rendre le sourire. Il ne remplacera jamais Lévis, mais il a su nous rendre le sourire. Aujourd’hui, j’ en veux encore aux vétérinaires qu’on a pu voir car dès le début j’avais vu qu’ il n’allait pas bien , j’en veux à mon conjoint de m’avoir laissé toute seule ce jour là et je m’en veux a moi d’avoir pris cette décision . C’est la chose la plus dure que j’ai fait de ma vie Quelle est la chose la plus difficile quand on a un chien ? L’ adieu …

  3. C’était la seule chose à faire car elle souffrait, mais c’est très dur à vivre, et bien que cela fasse plus d’un an, elle est toujours, et y restera toujours.
    Et impossible pour moi de l’envoyer chez un vétérinaire pour l’euthanasier, quitte a payer plus cher, il est venu à la maison et Maya, c’était son nom, est partie chez elle, avec nous à ses côtés.

  4. Bonjour je m appelle Stéphanie j ai 52 ans et ça fait un an aujourd’hui que j ai du prendre la décision la plus difficile de ma vie et sans mentir je n arrive pas à m en remettre chaque jour qui passe sans lui est un déchirement une plaie qui s agrandit un chagrin qui s emplifie chaque jour je me dis ces mots et si j avais attendu essayer autre chose si j avais fait plus peut être ai je pris cette décision trop vite même si mon veto me dit que non que j ai fait ce qu il fallait et bien je n y arrive pas j ai un mal en moi qui perdure qui s accroche il me manque au point que je ne peux envisager d en reprendre un j aurais tellement peur de ne pas aimer un autre chien comme lui de le comparer à lui mon chien est dans mes pensées tout le temps j ai si mal sans lui que j ai même essayé de le rejoindre c est difficile sans lui qui suis je pour avoir décidé que tout s’arrête comme ça c est trop dur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *