💔 Ce vide n’est pas que physique

C’est aussi un vide dans le cƓur.
Car ce chien, ce n’était pas “juste un animal”.
C’était un compagnon. Un confident silencieux. Un miroir d’émotions.

Il m’écoutait sans jamais me juger.
Il ressentait mes chagrins avant mĂȘme que je parle.
Il m’obligeait à me lever, à bouger, à sourire.
Il m’apportait une raison de vivre les jours oĂč je n’en trouvais plus.

Aujourd’hui, la maison est là.
Mais la vie qu’il y mettait, elle, est partie avec lui.


😔 Pourquoi ce vide est si dur à supporter

Parce que le monde continue, pendant que moi je reste figé.
Parce qu’on me dit que “ça va passer”, alors que je n’ai mĂȘme pas encore commencĂ© Ă  comprendre comment vivre sans lui.
Parce que j’entends des voix, mais pas la sienne. Je vois des gens, mais aucun n’a son regard.

Et surtout
 parce que j’ai peur d’oublier le son de ses pas.


✹ À ceux qui comprennent ce vide

Je veux te dire que tu n’es pas seul·e.
Que ce silence, beaucoup d’entre nous l’entendent chaque jour.
Et que mĂȘme s’il est assourdissant aujourd’hui
 un jour peut-ĂȘtre, il deviendra plus doux.
Pas parce qu’on oublie. Jamais.
Mais parce qu’on apprend Ă  Ă©couter autrement :
Dans les souvenirs, dans les photos, dans les gestes qu’on refait malgrĂ© nous.

Et peut-ĂȘtre que, parfois, dans un rayon de soleil ou une brise lĂ©gĂšre

On aura cette sensation qu’il est encore là.
Discret, fidĂšle, aimant.
Comme il l’a toujours Ă©tĂ©.


đŸ•Żïž Si tu ressens ce vide, laisse un mot, une photo ou un souvenir.
Dis-nous son nom. Raconte qui il était.
Car tant qu’on en parle
 ils ne sont jamais tout à fait partis.

Dr Camille Berthier
Dr Camille Berthier

Camille Berthier est une ancienne vĂ©tĂ©rinaire passionnĂ©e, profondĂ©ment marquĂ©e par les adieux partagĂ©s avec les chiens qu’elle a accompagnĂ©s jusqu’au bout. AprĂšs un burn-out et une rencontre inattendue avec un chien dans un parc, elle a choisi de transformer sa douleur en refuge pour les autres. Elle a fondĂ© Belle Truffe, un blog dĂ©diĂ© Ă  celles et ceux qui vivent le deuil de leur compagnon Ă  quatre pattes, pour leur offrir Ă©coute, douceur et comprĂ©hension.

3 commentaires

  1. Je comprends j ai vĂ©cue cela deux fois et c’est insupportable c est exactement la mĂȘme peine que si on perdait un humain ils sont tellement proches de nous ils nous suivent partout et guettent tous nos mouvement nos regards et quand ils partent on est perdus on ne sait plus quoi faite c’est d’une tristesse abominable

  2. J’ai passĂ© 80 ans et depuis ma petite enfance j’ ai eu des chiens, le premier Ă©tait un loup et je dormais entre ses pattes.
    Je n’ai jamais vĂ©cu sans un chien et aussi un chat. Maintenant une petite chienne croisĂ©e Jack et Cavalier King Charles PĂ©nĂ©lope 13 ans qui a sa meilleure amie sa chatte Chipie 7ans.
    Mais ce sont les derniĂšres. Je crains de laisser Chipie seule…

  3. Merlin Ă©tait son nom. Un berger anglais. Une grosse peluche avec une joie de vivre incroyable. Sur un peu plus d’une dĂ©cennie, il a embelli ma vie. Il Ă©tait une prĂ©sence rassurante. Un ĂȘtre qui sans un mot semblait me dire: «tu vois, je suis lĂ , tu n’es pas seul». Un regard affectueux, plein de douceur et d’amour. La patte qu’il me tendait, le jouet qu’il m’apportait, ses recherches dans la maison pour me voir qui semblaient dĂ©montrer qu’il tenait Ă  moi, que j’Ă©tais important pour lui. Je lui parlais et parlais de lui sans cesse en disant que c’Ă©tait moi le dĂ©pendant de nous deux. Toutes ces caresses, bisous et Ă©treintes Ă©taient ma raison de vivre. L’affection rĂ©ciproque qui me comblait et suffisait Ă  ma vie. Je lui demandais tout le temps s’il savait que je l’aimait et qu’est ce que je ferais sans lui. Bien entendu, il ne rĂ©pondait pas. Une façon pour moi d’apprĂ©hender son dĂ©part. Une rĂ©ponse que je n’ai moi mĂȘme pas su trouver lorsqu’il Ă©tait encore lĂ .

    Merlin s’est Ă©teint le 27 juin dernier. Je n’ai pas su prĂ©voir ou me prĂ©parer Ă  son dĂ©part. Aurais-je de toute façon pu me prĂ©parer Ă  la perte de l’amour de ma vie. Un jour, il allait bien et une semaine plus tard, il n’Ă©tait plus.

    Alors qu’il Ă©tait jeune, Merlin a eu des petits soucis de santĂ©. Ses hanches Ă©taient plutĂŽt mal en point et tout au long de sa vie, elles lui ont jouĂ© des tours. MalgrĂ© que cela n’Ă©tait pas si frĂ©quent, je savais qu`il n’allait pas quand il boudait sa nourriture et qu’il peinait Ă  se dĂ©placer. Un jour ou deux de repos, la forme et l’appĂ©tit revenaient. À partir de ses dix ans, je devais l’aider rĂ©guliĂšrement Ă  se lever. Il glissait sur le plancher. C’Ă©tait pas un gros problĂšme, car je me disais qu’il vieillissait et une fois debout, tout allait bien. Le dernier week-end, bien que je ne savais pas que c’Ă©tait le dernier, il a boudĂ© sa nourriture et se dĂ©plaçait difficilement. Il s’affaissait Ă  l’extĂ©rieur et ne restait pas debout longtemps. Le vĂ©tĂ©rinaire Ă©tait fermĂ© trois jours Ă  cause d’un fĂ©riĂ© et en rĂ©gion, il en a qu’un. Le lundi, je lui ai achetĂ© de la nourriture en boĂźte et une attelle pour l’aider plus facilement Ă  se lever. Il aimait la nourriture en boĂźte, mais il en avait seulement quand il ne filait pas ou lorsqu’il avait un mĂ©dicament Ă  prendre. Autrement, seulement les croquettes et les gĂąteries pour chien. Il a mangĂ© une boĂźte le lundi et une autre le mardi. C’Ă©tait dĂ©jĂ  ça. Le rendez-vous chez le vĂ©tĂ©rinaire a Ă©tĂ© pris le mercredi pour le lendemain, puisqu’il n’avait aucun vomissement, ni diarrhĂ©e. Il n’ a pas mangĂ© beaucoup ce jour lĂ . Il se tenait encore debout Ă  notre arrivĂ©e chez le vĂ©tĂ©rinaire. C’Ă©tait la derniĂšre fois qu’il le ferait. Le bilan sanguin indiquait qu’il combattait surement une infection puisque les globules blancs Ă©taient Ă©levĂ©s. Je suis reparti Ă  la maison pendant qu’ils lui faisaient une radiographie, une Ă©chographie et installaient un cathĂ©ter pour l’hydrater. Mon retour chez le vĂ©tĂ©rinaire a Ă©tĂ© comme un coup de poignard dans le coeur. Merlin avait une grosse masse dans l’abdomen qui compressait ses organes. La rate toute Ă©crasĂ©e et il risquait de faire une hĂ©morragie Ă  tout instant. L’opĂ©ration n’a pas Ă©tĂ© une option Ă©tant donnĂ© l’Ăąge et l’Ă©tat avancĂ© de la maladie. Sans savoir ce qu’ils allaient trouver en opĂ©rant.

    J’Ă©tait en Ă©tat de dĂ©composition. Ils ont toutefois autorisĂ© que je le ramĂšne Ă  la maison pour une derniĂšre journĂ©e. Merlin avait eu une dose de morphine et d’anti-nausĂ©e. Le cathĂ©ter avait Ă©tĂ© laissĂ© en place et soigneusement enveloppĂ© en prĂ©vision du lendemain. L’euthanasie.

    Ce fut des moments trĂšs difficiles. Merlin ne se tenait plus debout. Il buvait Ă  peine. Chaque gorgĂ©e Ă©tait un dĂ©fit. Une respiration rapide et saccadĂ©e. Je l’ai transportĂ© dans la maison d’une piĂšce Ă  l’autre. TransportĂ© Ă  l’extĂ©rieur pour ses besoins, sans rĂ©sultat. Il a fait sur lui. Je l’ai lavĂ© Ă  la serviette pour ne pas qu’il se sente souillĂ©. Je n’ai pas dormi cette derniĂšre nuit. J’Ă©tais dĂ©vastĂ© et trĂšs inquiet pour Merlin. Je me suis mĂȘme surpris Ă  penser si j’avais bien fait de le ramener Ă  la maison. PensĂ©e que je regrette amĂšrement aujourd’hui.

    Le lendemain est toutefois arrivĂ©e trĂšs vite. Trop vite. Je n’ai pas pris le temps de profiter de nos derniers instants. De lui dire «Je t’aime» et tout ce qu’il reprĂ©sentait dans ma vie. De nouveau chez le vĂ©tĂ©rinaire un peu avant midi, ça s’est passĂ© assez rapidement. Dans un grand respect. Dans une piĂšce Ă  l’Ă©cart. J’Ă©tais dĂ©fait. Les larmes coulaient avec une certaine retenue, une certaine pudeur cependant complĂštement inutile, comme si quelqu’un pouvait juger le fait que j’Ă©tait dĂ©vastĂ©, anĂ©anti. Merlin est parti comme ça, sans rĂ©sister, sans gĂ©mir, sans rien. Je n’avais pas supposĂ© que ça serait si tranquille, si silencieux et surtout, si irrĂ©versible. C’est fou, c’est comme si dans mon esprit, c’Ă©tait un examen de routine, un traitement, une prescription. Ça m’a pris un certain temps afin d’assimiler, de comprendre et surtout de rĂ©aliser que c’Ă©tait dĂ©finitif. Qu’il ne reviendra plus.

    Le retour Ă  la maison a Ă©tĂ© angoissant et le retour Ă  la rĂ©alitĂ© encore plus. J’ai ressorti toutes ses affaires. Je les avais rangĂ©s avant de partir avec lui pour notre derniĂšre ballade en voiture, pensant qu’il sera plus facile pour moi de rentrer avec aucune trace de lui. C’Ă©tait comme rentrer dans le nĂ©ant, un gouffre sans fin. J’ai rĂ©alisĂ© que le bonheur de Merlin ne tenait qu’Ă  quelques balles, un os et une petite peluche. Ça m’a brisĂ© le coeur de voir que sa joie de vivre ne tenait pas Ă  grand chose. Finalement, c’Ă©tait sa seule prĂ©sence qui occupait toute la place et emplissait la maison. Rien d’autre.

    Merlin Ă©tait la vie et la joie de vivre. En d’autres mots, il Ă©tait ma vie, ma joie, ma raison de vivre et avait tout mon amour. Il Ă©tait mon berger…

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